NOTES SUR LA CÔTE D’IVOIRE (VI)

CHAPITRE DERNIER : AU BOULOT !

Samedi de travail. C’est pas grave, c’est juste pour une heure de réunion. Du moins, c’est ce que l’on pensait. Au lieu de 15h, c’est à 16h que nous débutons. Mais bon, nous ne sommes pas pressés, du moins, moi je ne le suis pas. On me demande tout de même de servir d’horloge parlante, afin de nous rappeler à l’ordre tous les quarts d’heure.

Ce qu’il y a surtout à retenir de cette séance, c’est l’accueil chaleureux de tous les membres de la coalition des ONGs ivoiriennes des droits de l’homme. On m’a presque pris dans les bras pour me remercier d’avoir bravé mes frayeurs, et on m’offre tout le soutien possible pour mener à bien mon stage et séjour dans le pays. C’est vrai que les Ivoiriens sont heureux de voir que je m’intéresse à ce qu’il se passe chez eux, et ils veulent absolument me permettre de passer un sublime moment chez eux. On s’y sent à l’aise et je me demande si j’ai envie de retourner en Europe… Où tout le monde le sait, les gens font la tête plus souvent que nécessaire.

Leur approche au travail est aussi remarquable. Cette séance devait avoir lieu afin de permettre à tous de partager leur avis sur un document rédigé individuellement, puis rassemblé en un. Quelque chose me dit que cela n’aurait pas été possible en Europe. A la place, on se rend surtout compte que chacun à son mot à dire, et que chacun est écouté. Il est impossible de juger sur la rapidité du travail effectué, vu les moyens limités dont ils disposaient. Au contraire, je suis plutôt charmée par cette approche du « on écoute tout le monde et on prend tout en considération ».

Je me suis amusée à imaginer ceci en Europe. Je voyais arriver le moment où personne ne s’entendrait. D’une certaine façon, l’approche collective et communautaire prime ici, mais par d’autres aspects, on peut ressentir des divisions évidentes entre les membres de différents statut. Certains lèvent la main pour parler, je pense dû à leur jeune âge ou manque de grade dans l’ONG. Je commence à me dire que je devrais peut être faire plus attention à ne pas couper la parole aux autres, qui sont visiblement plus âgés que moi. Différents pays, différentes méthode de travail, certes, mais il faut tout de même rester respectueux.

En fin de compte, je n’ai pas réussi à pourvoir à mon rôle. Au lieu de durer une heure, la réunion s’est éternisée pendant plus de deux. Heureusement, j’ai eu le droit de m’éclipser pour aller faire du change, et j’ai donc ainsi pu découvrir un de ces centres commerciaux.

Il n’y a pas à dire, j’étais abasourdie par ce que j’y ai trouvé : Célio, Etam lingerie, tout y était ! L’hypermarché avait même plus de croissants que celui où je vais à Paris, et ceux-ci avaient l’air bien meilleurs. Je commence à mieux comprendre à quels points la France et sa culture se sont immiscées dans le pays, et pourquoi les Français y sont restés malgré certaines périodes difficiles.

Heureusement, suite à notre longue séance de travail, nous avons eu la chance de déguster un autre met succulent. Je me réjouis de savoir que celui-ci est juste à côté du travail, car le poulet braisé auquel nous avons gouté était épicé à point. Un vrai mélange de saveurs, et les morceaux fondaient presque dans la bouche. Rien que d’y penser, mon estomac se réveille.

C’est ce soir là que j’ai découvert que tout le monde m’observait quand je mangeais. Tous avaient terminé de manger et me sentant mal à l’aise de terminer le plat, je tente d’attraper la bassine pour me rincer les mains. Tous trois s’écrient d’une même voix « ah mais il faut manger ! »

Moi qui avait l’impression de me goinfrer de ces petits morceaux de poulet… Ils me disent que pour chacun que je dégustais (lentement, à ma guise), eux en mangeaient trois. Visiblement, mes capacités à manger avec les doigts laissent à désirer. Je faisais trop attention. Et moi qui me demandait pourquoi ma pile d’os faisait quatre fois la taille de la leur… Peut être mange-t-il les os ? Peut être ai-je mal choisi mes morceaux ?

Cette fois-ci, je leur ai demandé de me signaler de suite où sont les piments, pour éviter les mauvaises surprises…

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