NOTES SUR LA CÔTE D’IVOIRE (II)

CHAPITRE PREMIER : L’ARRIVÉE

Arrivée à l’aéroport et c’est déjà le bordel – les gens se bousculent et cherchent tous à se passer devant les uns les autres. Même les blancs ont compris le truc et, visiblement âgés, ceux-ci ont dû y vivre toute leur vie. Ils ne font même plus attention à la jeune dame qui essaye tant bien que mal de comprendre ce qu’il se passe, et ce qu’ils montrent aux autorités de l’aéroport.

Mais c’était sans compter sur ses capacités de survie apprises dans les métro parisiens et dans la queue du self et sa vision d’aigle (euh, mouais..) Bientôt la demoiselle se retrouve en tête de groupe, son certificat de vaccination pour la fièvre jaune en main. Mais des bras se tendent derrière elle et aucun membre de l’autorité ne veut lui prêter la moindre attention… Elle va devoir attendre et lui forcer son papier dans les mains… Mais non ! Ses grands yeux de biche perdue et affolée ont attiré l’attention d’un jeune homme qui ne travaillait pas, et qui l’interpelle afin de passer. Jusqu’à ce jour, on ne sait pas s’il était réellement membre du comité d’accueil, ou s’il a juste aidé une dame en détresse…

Prochain épisode, formulaire de débarquement en CI. Ah. Maintenant je comprends pourquoi la dame dans l’avion disait qu’elle avait un stylo « juste pour l’aéroport ». Evident, voyageant sans, j’ai de nouveau failli y passer. Les gens ne font aucun effort pour m’aider, j’ai le droit soit à des « je n’en ai pas, ma sœur rempli les papiers » ou encore mieux « je ne parle pas français » (bon, c’était effectivement le cas, apparemment il y a aussi des étrangers qui viennent en Côte d’Ivoire).

Heureusement une jeune française ivoirienne veut bien me prêter son stylo. Je me retrouve dans la queue des passeports derrière elle et commence de suite à me faire doubler par un homme qui souhaite parler à quelqu’un devant moi. Lorsque mon tour arrive, je mets les voiles et file à toute vitesse pour ne pas lui laisser le temps de réagir. Non mais. On ne me passe pas devant, moi, môssieur !

J’avoue qu’il n’avait pas l’air de vouloir me devancer non plus, victoire concédée ? Grrr… Une fois la douane passée, je commence à repérer des gens avec des panneaux pour les personnes qu’ils attendaient… Je les lis intensément. Personne n’avait le mien. Petite larme à l’œil, puis direction le tapis à bagage. Ah, mais j’avais oublié être une des dernières à passer la douane. Les valises sont là, et quel attroupement autour du tapis ! Impossible de s’en rapprocher ! Je n’ai le temps de paniquer que quelques secondes, lorsqu’un homme ressemblant étrangement à Lou Bega se rapproche de moi « Etes-vous Marine Bourgeois ? » Ouiiiiiiiiiiiiiiii c’est moiiiiiiiiiiiiiiiiiii ! J’ai failli lui sauter dans les bras, de soulagement. Il se présente comme étant M. Traoré, le président donc. Avec son beau costume noir et son chapeau blanc, il ressemble vraiment beaucoup à Lou Bega…

Je lui admet que ma valise est grosse et noire, et tente d’amoindrir la chose en ajoutant « avec une petite étiquette rose ». Je ne sais même pas comment me rapprocher assez du tapis pour apercevoir les valises, alors pour reconnaître la mienne… Ah mais que dis-je, je vois mon étiquette !!!!!! Ouuuuuuuuuuuf ! Pas le temps de se rapprocher assez pour l’attraper, c’est un autre homme qui s’en charge et qui nous la donne. Ah ok, ça marche comme ça ici, pas obligé de faire le boulot, tu peux déléguer. (Finalement, on est mieux derrière tout le monde alors).

On passe les rayons X pour les valises, et bien qu’on nous avait annoncé qu’il faudrait présenter notre bordereau numéroté pour les valises, rien ne nous est demandé. Est-ce seulement les ivoiriens qui volent les valises des autres ? M. Traoré connaissait-il quelqu’un ? (Ou plus précisément, qui ne connait-il pas?)

Arrivée dans le hall de l’aéroport, tout à coup je comprends ce qu’est la foule. Je remercie le bon Dieu que Traoré ait pu venir me chercher à l’intérieur, je me voyais déjà la larme aux yeux, désespérant de trouver la bonne personne. Bon j’y avais déjà pensé, je m’étais dit qu’il y aurait peu de blancs sur le vol, et encore moins de jeunes femmes blanches. C’était effectivement le cas, il ne devait y avoir que moi, ou peut être une autre plus aguerrie qui a réussi à passer les contrôles rapidement. Le temps que j’arrive, c’était moi ou personne… J’avais dans tous les cas le numéro de portable de M. Traoré.

Bref, donc dans le hall, on retrouve de suite le Secrétaire-Général, Victor Naclan, qui attendait en fait au tout premier rang. Trop mignon ! Il se charge de ma valise, et nous sortons chercher la voiture. Lui aussi se demandait comment nous avons fait pour nous retrouver…

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